Quand l’autre n’existe pas dans la relation
Samah LABIDI votre psychologue, spécialisée souhaite aborder un sujet souvent mal compris : la perversion dans les relations, et plus précisément ce que cela signifie lorsque l’autre n’existe pas comme sujet dans le lien. Ce texte n’a pas pour objectif de diagnostiquer, mais de vous aider à comprendre ce fonctionnement psychique complexe et parfois déroutant, afin de mieux repérer ce qui se joue dans vos relations et votre vie émotionnelle.
Le mot perversion est aujourd’hui très souvent utilisé, en particulier à travers l’expression « pervers narcissique », que l’on voit partout dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans de nombreux témoignages. À force d’être employé pour désigner des relations toxiques, des ruptures douloureuses ou des comportements destructeurs, ce terme est parfois utilisé à tort, au risque de perdre son sens et de créer de la confusion.
Pourtant, dans sa compréhension psychologique, la perversion renvoie à un fonctionnement bien particulier : une manière d’entrer en relation dans laquelle l’autre n’est pas reconnu comme une personne à part entière avec sa propre singularité, ses émotions et ses limites.
Dans une relation marquée par la perversion, l’autre n’existe pas vraiment pour ce qu’il est. Il existe surtout pour ce qu’il apporte, pour ce qu’il soutient, pour ce qu’il permet de maintenir chez l’autre. Ses émotions, ses besoins ou ses limites sont peu pris en compte. La relation devient alors profondément déséquilibrée, souvent sans que cela soit immédiatement visible.
Contrairement aux idées reçues, ce fonctionnement ne repose pas sur une grande solidité intérieure. Il s’organise autour d’un manque profond, mais non reconnu. Ce manque est trop menaçant pour être ressenti consciemment. Il est donc nié. Il peut s’agir, par exemple, d’un manque de confiance en soi ou d’une estime de soi fragile. La personne ne se sent pas intérieurement solide, mais ne peut pas l’admettre. Reconnaître un doute, une insécurité ou un besoin de l’autre serait vécu comme une faiblesse insupportable.
Ce manque ne disparaît pas pour autant. Il continue d’agir à travers la relation. La personne peut avoir besoin d’être rassurée en permanence, d’être valorisée, d’être au centre de l’attention. Elle peut mal vivre l’autonomie de l’autre, ses absences ou ses choix personnels. Pourtant, elle ne dira pas « j’ai besoin d’être rassuré » ou « je doute de moi ». À la place, elle exigera, critiquera ou fera pression, souvent sans en avoir conscience.
Il en va de même pour l’estime de soi. Une remarque, même neutre, peut être vécue comme une attaque. Un désaccord peut devenir une remise en cause insupportable. Plutôt que de reconnaître une fragilité intérieure, la personne retourne la situation contre l’autre. C’est l’autre qui devient trop sensible, trop exigeant, jamais satisfait. L’autre porte alors ce que la personne ne peut pas reconnaître en elle-même.
Dans ce type de relation, l’autre sert à maintenir un équilibre intérieur fragile. Il devient un support, un point d’appui, parfois un prolongement de soi. Tant qu’il remplit cette fonction, la relation tient. Mais dès qu’il tente d’exister pour lui-même, de poser des limites ou d’exprimer une différence, la tension apparaît. Ce n’est pas l’autre qui change, c’est la fonction qu’il cesse d’assurer.
C’est ce qui distingue ce fonctionnement de la dépendance affective. Dans la dépendance, le manque est ressenti et douloureux. La personne sait, au moins en partie, qu’elle a besoin de l’autre pour se sentir complète. Dans la perversion, le manque n’est pas vécu comme tel. Il est refusé, déplacé, projeté. L’autre n’est pas là pour combler, mais pour contenir ce qui ne peut pas être assumé intérieurement.
Parler de perversion, ce n’est pas accuser ni stigmatiser. C’est mettre des mots sur une réalité relationnelle où l’un existe souvent au détriment de l’autre. Comprendre ce mécanisme permet de sortir de la confusion, de redonner du sens à ce qui a été vécu et, parfois, de commencer à se réapproprier sa place, son ressenti et son identité dans la relation.
Comprendre la perversion dans les relations n’est pas une fin en soi, mais une première étape pour retrouver clarté et équilibre. Si ce texte résonne en vous, si vous avez parfois le sentiment que vos relations vous épuisent ou vous font douter de vous-même, il peut être précieux de se faire accompagner. Samah LABIDI, votre psychologue, vous propose un espace bienveillant et sécurisant pour explorer vos expériences, mettre des mots sur ce qui pèse et retrouver votre place dans vos relations.
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